venerdì 10 ottobre 2014

Ottava Congregazione generale: la Chiesa e la famiglia di fronte alla sfida educativa (III parte, cap. 2)


9 ottobre, pomeriggio


Introduzione del Presidente delegato, Card. André Vingt-Trois

Cet après-midi, la Huitième Congrégation Générale sera maintenant consacrée à un autre thème présenté dans la troisième partie de l’Instrumentum laboris qui traite de l’ouverture à la vie et de la responsabilité éducative. Nous concentrerons donc notre attention et nos débats sur le chapitre 2 qui affronte plus particulièrement L’Église et la famille face au défi éducatif.

Les défis que doit affronter la famille dans le milieu éducatif sont multiples (132) et souvent les parents se sentent peu préparés face à cette tâche. Le Magistère récent a insisté sur l’importance de l’éducation, pour laquelle les époux reçoivent une grâce singulière dans le mariage. Le Pape François a souligné aussi l’importance de l’éducation dans la transmission de la foi. L’Église est appelée à aider les familles dans leur tâche éducative, à commencer par l’initiation chrétienne. L’éducation chrétienne en famille se réalise, avant tout, à travers le témoignage de vie des parents vis-à-vis des enfants (133-134).
Aujourd’hui, le défi de l’éducation chrétienne et de la transmission de la foi est souvent caractérisé, dans de nombreux pays, par le profond changement du rapport entre les générations, qui conditionne la communication des valeurs au sein de la réalité familiale (135-137). Si la transmission de la foi et l’éducation chrétienne apparaissent inséparables d’un témoignage de vie authentique, on comprend que les situations difficiles au sein de la cellule familiale accentuent la complexité du processus éducatif (138-139). Il y a globalement trois éléments à propos des situations irrégulières et de leur incidence sur l’éducation: les unions entre personnes du même sexe ; l’existence et l’augmentation de cellules monoparentales ; enfin, le phénomène des "enfants de la rue", très présent dans le Sud du monde (140).
Dans leurs requêtes, les parents en situation irrégulière s’adressent à l’Église (141) avec des attitudes très différentes, selon les sentiments et les motivations qui les animent. La requête principale et la plus fréquente est celle de l’administration des sacrements à leurs enfants (142-143). Une difficulté apparaît quand les parents divorcés sont en désaccord au sujet de l’itinéraire d’initiation chrétienne de l’enfant; dans ces cas-là, l’Église est appelée à jouer un important rôle de médiation (144). Il y a parfois aussi le malaise de parents qui ne peuvent pas accéder au sacrement de la pénitence et de l’Eucharistie, alors que leurs enfants sont invités à y participer (153). Une pastorale sensible apparaît toujours plus nécessaire, une pastorale guidée par le respect de ces situations irrégulières, capable d’offrir un soutien concret à l’éducation des enfants, y compris à travers les écoles catholiques (154-157).
Conscients de l’importance de ce défi de la transmission de la foi au sein de la famille, écoutons maintenant le témoignage des époux Olivier et Xristilla Roussy, Responsables de la branche apostolique Amour et Vérité -international, de la Communauté de l’Emmanuel, qui nous parleront de leur expérience familiale quant à la responsabilité de la transmission de la vie et de la foi.

Testimonianza dei coniugi Olivier e Xristilla Roussy, della Communauté de l’Emmanuel, Responsabili internazionali di Amour et Vérité (Francia)
Très Saint Père,
Chers Pères synodaux,
Nous allons fêter nos 20 ans de mariage et les 19 ans de l’aînée de nos 7 enfants.
Xristilla a grandi dans une famille dont les parents étaient divorcés et Olivier au sein d’une famille nombreuse.
Nous avons toujours eu le désir d’une grande famille. Nos premiers enfants sont nés et notre famille a pris peu à peu forme avec vitalité. L’arrivée de nos enfants nous a décentrés de nous-mêmes. Elle nous a aidés à dépasser nos limites humaines comme le bruit, la fatigue, l’inconfort. On ne connaît pas toutes ces difficultés avant de les vivre. On se demande si on va pouvoir les supporter lorsqu’elles surviennent. Mais, avec le temps et la prière, ce sont des renoncements qui nous procurent une joie profonde.
Durant nos fiançailles, nous avions choisi de nous former à la régulation naturelle des naissances. Après l’arrivée du troisième enfant, Xristilla était épuisée. Nous n’arrivions plus à vivre paisiblement nos unions conjugales. Nous avons alors décidé que Xristilla prendrait une pilule contraceptive pour quelques mois. Ce choix de la contraception était censé nous apaiser ; il eut l’effet contraire. Nous avons très mal vécu cette période. Xristilla était souvent de mauvaise humeur, le désir était absent et la joie disparaissait. Nous avions l’impression de ne plus être en vérité avec nous-mêmes. Nous n’étions plus unifiés. Nous avons compris que nous avions fermé une porte au Seigneur dans notre vie conjugale. Nous avons alors décidé de reprendre une régulation naturelle des naissances. C’est apparemment un chemin plus difficile qui nous invite à être continents lors des périodes fertiles alors même que nous désirons plus fortement nous unir. C’est souvent dur à accepter et à choisir à chaque fois. Mais nous le vivons à deux. C’est une aventure commune qui nous pousse à vouloir le bonheur de l’autre. Bien plus qu’une méthode, ce mode de vie nous permet chaque jour de nous accueillir l’un l’autre, de communiquer, de nous connaître, de nous attendre, de nous faire confiance, d’être délicats. Nous avons choisi cette voie, nous ne la subissons pas et nous en sommes profondément heureux malgré les efforts qu’elle requiert.
Nous avons expérimenté que ces méthodes sont fiables, même s’il nous faut témoigner qu’il nous est arrivé de ne pas contenir notre désir et qu’un enfant a vu le jour neuf mois plus tard. L’accueil de cette nouvelle vie aurait été impossible avec une contraception. Pourtant, ce nouvel enfant est un vrai bonheur.
Nous sommes très heureux que Dieu soit au cœur de notre vie, y compris de notre intimité conjugale. Nous décidons de la vivre sous son regard. Cela irradie notre vie de couple en nous rendant plus confiants dans l’avenir, plus libres et plus attentifs aux autres. Cette disponibilité nous ouvre à la volonté de Dieu dans toutes les dimensions de notre vie. Nous sentons que ce mode de vie nous porte aussi dans notre responsabilité éducative et rejaillit sur le climat familial.
Dans notre mission de parents, nous désirons avant tout éveiller nos enfants à la sainteté. Comme nous tous, ils sont confrontés aux multiples tentations du monde et humblement, nous essayons de les faire grandir dans la liberté et la générosité, de leur apprendre le sens du discernement, de la décision et de l'effort. Nous les aidons à bâtir leur projet de vie sous le regard de Dieu. Dans le rythme difficile de la vie moderne, nous cherchons à être attentifs à chacun et à leur accorder suffisamment de temps, ensemble et personnellement.
Notre vie de couple et notre vie de famille ont été marquées par notre cheminement dans la Communauté. Nous avons bénéficié de la formation qu’elle donne à ses membres mariés ; elle nous a aidés à devenir nous-mêmes. En tant que responsables d’Amour et Vérité, la branche apostolique de la Communauté de l’Emmanuel dont la mission est de soutenir les couples et les familles, nous faisons l’expérience qu’il est possible de vivre et proposer l’enseignement de l’Eglise, d’allier l’amour et la vérité sans renoncer ni à l’un, ni à l’autre. Nous cherchons à accueillir toutes les personnes quelles que soient leur histoire ou leur culture (des familles chrétiennes, mais aussi des couples loin de l’Eglise, souvent non-mariés, des parents seuls, des divorcés-remariés,…). L’Esprit Saint les place sur notre route afin que nous les aimions et que nous leur tendions la main. Mais elles ne pourront recevoir l’enseignement de l’Eglise que si elles se sentent d’abord écoutées et rejointes dans leur quotidien. Ensuite seulement, nous pourrons leur offrir des moyens concrets de cheminer.
Désorientés par les messages angoissants générés par le monde, toutes ces personnes en manque d’espérance ont peur de ne pas pouvoir durer dans leur amour et de ne pas être capables d’accueillir la vie. Par des témoignages simples et directs, et des enseignements concrets, nous proposons un art de vivre chrétien montrant que la sexualité et la fécondité peuvent être vécues dans le plan de Dieu et non dans la logique consumériste et égoïste du monde. Avec audace et charité, accueillant la loi pastorale de la gradualité, nous proposons à chacun de marcher vers le Christ selon le pas qu’il peut franchir chaque jour.
Fragilisés dans leur responsabilité éducative par le manque de repères ou la peur de ne pas être légitimes dans leur rôle, les parents ont la tentation de baisser les bras. Par des formations proposant des outils simples, nous les encourageons à donner une éducation intégrale, orientée vers la sainteté et le développement de l’intelligence, de la liberté, de la volonté, à la lumière de la foi. Cela passe en particulier par une éducation à la vie affective et sexuelle pour laquelle il est indispensable de responsabiliser les parents.
Nous sommes toujours bousculés par les questions et les doutes de nos contemporains, mais c’est exactement là où la rencontre peut se faire pour avancer ensuite vers la Vérité qui rend libre. Un accompagnement individuel, un accueil délicat, une communion fraternelle entre tous les états de vie, sont autant de moyens qui rendent possible la rencontre personnelle avec Jésus.
L’amour du Christ nous presse sur la voie d’une charité inventive. Ainsi, à Paray le Monial, lors de ses grands rassemblements, la Communauté de l’Emmanuel propose aux familles de se consacrer au Cœur de Jésus, pour demeurer en Lui et rayonner de son amour.
Nous sommes appelés à aimer les personnes et à les faire cheminer, plus qu’à juger leurs actes, à être des témoins de miséricorde n’ignorant pas les réalités auxquelles elles sont confrontées. Seule cette attitude du cœur peut nous éviter de devenir de petites communautés, étriquées, maîtrisées et finalement moribondes. L’accueil, l’accompagnement et la vie fraternelle ne seraient-ils pas aujourd’hui les clés essentielles pour l’évangélisation des familles?

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