martedì 3 marzo 2015

L'indissolubilità non si discute. Né la misericordia

a cura di Bruno Bouvet et Céline Hoyeau*

Nel suo ultimo libro Tout amour véritable est indissoluble (
Cerf, Parigi 2015, pp. 112, € 9), il vescovo di Orano (Algeria), mons. Jean-Paul Vesco (cf. il testo pubblicato in italiano su Il Regno nel 2014), afferma che la Chiesa può cambiare la disciplina sui divorziati risposati senza rimettere in causa la dottrina dell'indissolubilità del matrimonio, ma, al contrario, per riconoscergli un posto d'onore. Pubblichiamo l'intervista apparsa su La Croix a mons. Vesco il 2.3.2015 (www.lacroix.com). E a seguire la traduzione di finesettimana.org.
- Rares sont les évêques qui ont décidé d’apporter leur contribution publique au débat lancé par le pape François entre les deux Synodes sur la famille.
Pourquoi avoir écrit un livre sur les divorcés remariés ?


"La discipline de l’Église à l’égard des divorcés remariés me blesse et, à vrai dire, me révolte depuis longtemps en raison de la violence inutile qu’elle fait subir aux personnes concernées, sans aucune distinction de leur situation individuelle.
Je souffre aussi du mal que fait cette disposition à l’image de l’Église, car elle est de l’ordre du contre-témoignage.

Il ne s’agit pas pour moi de remettre en cause l’indissolubilité du mariage sacramentel. Celui-ci est la plus haute concrétisation du projet de Dieu pour l’homme et la femme.
Je crois cependant que la doctrine classique sur le mariage autorise une autre discipline en cas de remariage.
L’actuelle, qui prive ceux qui se remarient du sacrement de réconciliation et de l’eucharistie, n’est respectée par quasiment personne. Je connais très peu de parents, dont les enfants ont divorcé, qui prient pour qu’ils ne se remarient pas.

Certaines personnes, par fidélité au premier « oui » qu’elles ont prononcé, décident de ne pas se remarier. C’est très bien que l’Église encourage le choix du célibat parce qu’il représente un signe magnifique de l’indissolubilité de l’amour.
Mais il relève de l’appel personnel et ne peut être la voie unique imposée de l’extérieur.
Entrer dans une nouvelle alliance après l’échec d’un premier mariage, ce n’est pas renoncer à l’appel à la sainteté de tout baptisé. On ne peut pas fermer toutes les portes après un premier mariage, sous peine d’absolutiser, voire d’idéologiser l’indissolubilité du mariage. Au nom de l’indissolubilité, l’Église n’a pas le pouvoir de demander de se séparer à des personnes qui ont scellé une deuxième­ alliance fidèle".

- Cela ne risque-t-il pas de décourager tous ceux qui cherchent à rester fidèles à leur première alliance ?

"L’Église reconnaît, dans le n. 83 de Familiaris Consortio, qu’un mariage peut échouer, qu’il vaut mieux parfois rompre une alliance et que l’on peut être innocent dans cette rupture.
Elle dit aussi qu’il convient de distinguer les responsabilités mais elle ne tire pas les conséquences de ces distinctions. Et elle assimile à un adultère toute autre relation après le divorce. Pour moi, ces mots sont terribles. Une doctrine vraie ne peut pas entrer en contradiction avec la vérité des personnes".

- En prenant cette position entre les deux Synodes sur la famille, ne craignez-vous pas d’ajouter à la confusion et de focaliser le débat sur la seule question des divorcés remariés ?

"En réalité, ce livre n’aurait jamais dû être écrit car il y a longtemps que l’Église ne devrait plus traiter d’adultères des personnes qui sont fidèles depuis des années à une deuxième alliance, au nom du Christ.
Les divorcés remariés ne devraient plus être un sujet pour le Synode qui, effectivement, a de nombreux autres enjeux à aborder. Traitons-le rapidement et passons au reste".

- En tant qu’évêque, n’avez-vous pas peur de participer à une forme d’opposition dans l’Église?

"Ce dont j’ai peur, c’est d’être instrumentalisé par ceux qui jugent l’Église rétrograde. Or, je m’inscris totalement à l’intérieur de l’Église. Ce qui me révolte, c’est de la voir abîmée, caricaturée sur cette question-là.
Je me situe dans le débat ouvert par le pape François lui-même en envoyant un questionnaire à tous les baptisés. Au titre de la synodalité, j’apporte des éléments au débat. Le pape pose des questions, j’y réponds".

- Qu’attendez-vous du prochain Synode ?

"J’aimerais que l’Église puisse donner aux ministres de la réconciliation l’autorisation de permettre à certains de faire face à leur passé, de regarder les raisons de la rupture, d’examiner leur responsabilité, afin de pouvoir demander pardon de cette brisure. Non pas un droit au pardon mais un droit à pouvoir demander pardon".

- En touchant à la discipline, ne remettez-vous pas en question la doctrine de l’Église?

"Personne ne remet en cause la doctrine de l’indissolubilité. Les personnes qui souffrent de ne pouvoir communier en souffrent précisément parce qu’elles y croient.
Mais l’indissolubilité ne peut être réduite au mariage sacramentel. Le sacrement est une consécration de l’indissolubilité d’un amour véritable entre l’homme et la femme.
Cet amour est le signe d’une réalité plus haute, et il est infiniment fort et fragile.
Qu’on marque ce signe en disant qu’on ne se marie qu’une fois, très bien, mais qu’en revanche on ne permette pas l’accès au sacrement de réconciliation, alors c’est une doctrine qui devient écrasante et ce n’est pas juste.
Or je crois qu’elle est juste.
Donc c’est notre manière de la recevoir qui ne l’est pas.
Aussi je crois qu’on peut changer la discipline pour servir mieux la doctrine.
Si quelque chose, dans mes propos, met en jeu l’essence de la foi, alors je me rétracterai et je demanderai pardon.
Mais qu’on me l’explique car, aujourd’hui, je ne comprends pas.

TRADUZIONE ITALIANA

- Perché scrivere un libro sui divorziati risposati?"La disciplina della Chiesa nei confronti dei divorziati risposati mi ferisce e, a dire il vero, mi ripugna da tempo a causa dell'inutile violenza che fa subire alle persone coinvolte, senza nessuna distinzione riguardo alla loro situazione individuale. Soffro anche per il male che questa disposizione procura all'immagine della Chiesa, perché è come una contro-testimonianza. Per me non si tratta di rimettere in discussione l'indissolubilità del matrimonio sacramentale. Quest'ultimo è la più alta realizzazione del progetto di Dio per l'uomo e la donna.
Credo tuttavia che la dottrina classica sul matrimonio autorizzi un'altra disciplina in caso di seconde nozze. L'attuale, che priva coloro che si risposano del sacramento della riconciliazione e dell'eucaristia, non è rispettata quasi da nessuno. Conosco pochissimi genitori, i cui figli hanno divorziato, che pregano perché non si risposino. Alcune persone, per fedeltà al primo “sì” che hanno pronunciato, decidono di non sposarsi. È un'ottima cosa che la Chiesa incoraggi la scelta del celibato perché rappresenta un segno magnifico dell'indissolubilità dell'amore. Ma è una vocazione personale e non può essere la via unica imposta dall'esterno.
Entrare in una nuova unione dopo il fallimento di un primo matrimonio, non significa rinunciare all'appello alla santità di ogni battezzato. Non si possono chiudere tutte le porte dopo un primo matrimonio, a rischio di assolutizzare, anzi di ideologizzare l'indissolubilità del matrimonio. In nome dell'indissolubilità, la Chiesa non ha il potere di chiedere di separarsi a persone che hanno stretto una seconda unione fedele."

-Ma questo non rischia di scoraggiare tutti coloro che cercano di restare fedeli alla loro prima unione?
"La Chiesa riconosce, nel n. 83 di Familiaris consortio, che un matrimonio può fallire, che è meglio talvolta rompere un'unione e che si può essere innocenti in questa rottura. Dice anche che è opportuno distinguere le responsabilità ma non trae le conseguenze da queste distinzioni. E assimila ad un adulterio qualsiasi altra relazione dopo il divorzio. Per me, queste parole sono terribili. Una dottrina vera non può entrare in contraddizione con la verità delle persone".

-Prendendo questa posizione tra i due Sinodi sulla famiglia, non teme di aumentare la confusione e di focalizzare il dibattito solo sul problema dei divorziati risposati?
"In realtà, questo libro non avrebbe mai dovuto essere scritto perché è da tempo che la Chiesa non dovrebbe più trattare da adultere persone che sono fedeli da anni ad una seconda unione, in nome di Cristo. I divorziati risposati non dovrebbero più essere un argomento per il Sinodo, che, effettivamente, ha molti altri temi importanti da affrontare. Trattiamolo rapidamente e passiamo al resto".

-Come vescovo, non ha paura di partecipare ad una forma di opposizione nella Chiesa?
Quello di cui ho paura, è di essere strumentalizzato da coloro che giudicano la Chiesa retrograda. Io sono totalmente inserito nella Chiesa. Quello che mi ripugna è vederla rovinata, presa di mira su questo problema. Mi situo nel dibattito aperto dallo stesso papa Francesco con l'invio di un questionario a tutti i battezzati. Per vivere la sinodalità, offro elementi al dibattito. Il papa fa delle domande, io rispondo.

-Che cosa si aspetta dal prossimo Sinodo?
"Vorrei che la Chiesa potesse dare ai ministri della riconciliazione l'autorizzazione di permettere a certe persone di affrontare il loro passato, di considerare le ragioni della rottura, di esaminare la loro responsabilità, per poter chiedere perdono per questa rottura. Non un diritto al perdono, ma un diritto a poter chiedere perdono".

-Ma cambiando la disciplina, non viene rimessa in discussione la dottrina della Chiesa?
"Nessuno rimette in discussione la dottrina dell'indissolubilità. Le persone che soffrono per il fatto di non poter accedere alla comunione, ne soffrono proprio perché ci credono. Ma l'indissolubilità non può essere ridotta al matrimonio sacramentale. Il sacramento è una consacrazione dell'indissolubilità di un amore vero tra l'uomo e la donna. Questo amore è il segno di una realtà più alta, ed è infinitamente forte e fragile. Che si caratterizzi questo segno dicendo che ci si sposa una sola volta, benissimo, se però non si permette l'accesso al sacramento della riconciliazione, allora è una dottrina che diventa opprimente e ingiusta. Invece io credo che sia giusta.
Quindi è il nostro modo di attuarla che non lo è. Credo anche che si possa cambiare la disciplina per essere più aderenti alla dottrina. Se qualche cosa, nelle mie affermazioni, metterà in gioco l'essenza della fede, ritratterò e chiederò perdono. Ma che me lo si spieghi, perché oggi non lo capisco".

1 commento:

  1. Parole forti e semplici allo stesso tempo: una riflessione capace di andare all'essenziale coraggiosamente. Non si può fare della dottrina un'ideologia: bella la distinzione tra diritto al perdono e diritto a chiedere perdono.
    Ma soprattutto una testimonianza di vivo dibattito dentro la Chiesa.
    Rimane però la questione se la dottrina sull'indissolubilità può essere riformata.
    Rimane la questione dell'equilibrio, non ancora trovato, tra esperienza di vita della coppia e rivelazione nel sacramento del matrimonio.
    Ma per ora basterà forse parlare in modo diverso di 'misericordia'.

    Des mots forts et simple en même temps: une réflexion capable d'aller à l'essentiel courageusement. On peux pas faire de la doctrine une idéologie: c'est intéressant la distinction entre le droit aux pardon et le droit de demander pardon.
    Mais surtout un témoignage d'un vif débat au sein de l'Eglise.
    Il reste la question de savoir si la doctrine de l'indissolubilité peut être elle réformé.
    Reste la question de l'équilibre, pas encore trouvé, entre l'expérience de la vie de la couple et de la révélation dans le sacrament du mariage.
    Mais pour l'instant sera suffisants, peut etre, parler autrement de «miséricorde».

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